En 1763, lors de la signature du traité de Paris, il restait 37 familles acadiennes en Géorgie. Ce traité ayant rendu les îles de St-Pierre et Miquelon à la France et celle-ci désirant s'y installer solidement, plusieurs acadiens obtinrent la permission de s'y installer. Il se peut que ce soit ainsi que Jacques et Pierre Vigneau aient fui leur lieu de déportation.
C'est dans ce contexte que les Vigneau furent parmi les premiers à s'installer à Miquelon après le traité de Paris. Notamment, Marie Vigneau, fille de Jean-Baptiste à Maurice, s'y maria à Claude Bourgeois le 1er septembre 1764. Tous les mariages des enfants de Pierre Vigneau et de Madeleine Syre , sauf un, y eurent lieu .
Jacques à Maurice y revint en 1763 et y fut inhumé le 10 mai 1772. Pierre y revint également en 1763.
C'est ainsi que l'on retrouve certains mariages de Vigneau à La Rochelle, en France :
Les événements de 1789 en France eurent leurs répercussions à St-Pierre et Miquelon. Les idées libérales, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité commencèrent à semer le trouble dans les esprits. En 1792 des désordres éclatent à St-Pierre, où s'est formée une association des amis de la Constitution.
Les gens devaient prêter le serment constitutionnel, ce qui était un choc violent pour beaucoup, qui gardaient encore au fond de leur cœur des souvenirs du royaume de France, Sa Majesté très chrétienne les ayant si souvent protégés dans leurs migrations et dans leurs déboires. Ce fut notamment le cas du vice-préfet apostolique de Miquelon, l'abbé Jean-Baptiste Allain, qui préféra quitter plutôt que de se souiller par un serment auquel sa conscience répugnait.
Le 31 mai 1792, quatre délégués miquelonnais sont allés au Cap-Breton pour demander au gouverneur MacCormick l'admission de 250 des leurs en cette île, mais n'obtinrent pas de réponse favorable.
| Dès 1792, 223 miquelonnais (40 familles)
arrivèrent à Havre-Aubert, en compagnie de leur curé,
Jean-Baptiste Allain. On y compte des Vigneau, Sir, Leblanc, Bourg, Thériau,
Hébert et autres. S'ils ne l'avaient pas fait, ils auraient quand
même dû quitter Miquelon l'année suivante car, l'Angleterre
ayant déclaré la guerre à la France en 1793, le reste
des acadiens miquelonnais a alors dû s'embarquer dans ses chaloupes
pour le Cap-Breton ou être déporté en France via Halifax.
Leur arrivée aux Îles a grossi considérablement le nombre d'habitants, même si quelques familles d'acadiens s'y étaient réfugiés vers 1750 pour y vivre de la pêche. Ces anciens pêcheurs de Miquelon connaissaient les eaux du Golfe ; leurs bateaux étaient déjà prêts et, contrairement à Miquelon, il y avait du bois pour construire ces petites barques dont le nombre allait augmenter graduellement. |
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Les madelinots ont cependant rencontré deux problèmes importants : les américains et Coffin.
Les américains avaient, en effet, la mauvaise habitude d'envahir les " graves " des Îles, ce qui causait des difficultés importantes aux pêcheurs madelinots, qui avaient besoin, eux aussi, des graves pour y faire sécher leur poisson. Le nombre croissant de bateaux américains pêchant autour des Îles a également eu pour effet que les pêcheurs des Îles prenaient juste assez de poisson pour subvenir à leurs besoins et ne pouvaient pas payer leurs agrès de pêche (lettre de la compagnie Robin en 1822). Ce comportement des pêcheurs américains allait pourtant contre les ententes conclues avec leur gouvernement.
D'autre part, les habitants des Îles croyaient être propriétaires des lopins de terre qu'ils avaient défrichés, mais ils eurent la surprise de constater que celle-ci avait été donnée à Isaac Coffin, un officier britannique qui fut nommé seigneur des Îles en 1798. Coffin réclama donc de ses locataires le paiement d'une rente et les madelinots refusèrent. Coffin donna des instructions sévères visant à obtenir son dû, mais les madelinots organisèrent une résistance passive et opiniâtre. Chacune des parties porta, à son tour, des coups à l'adversaire, mais le climat devint de plus en plus tendu et cette situation persista avec son héritier, après la mort de Coffin en 1839.
Jean-Baptiste, et de Marie Terriau n'étaient mariés que depuis deux ans lors de leur arrivés à Havre-Aubert, où ils ont eu au moins 10 de leurs 12 enfants:
Vital
et Élise Boudreau eurent,
quant à eux, 8 enfants, dont 6 sont nés aux Îles :
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Il semble que la famille de Vital ait vécu dans une certaine aisance au Havre-aux-Maisons et qu'elle faisiait l'objet d'un intérêt particulier de la part de l'abbé Alexis Bélanger, qui s'employait alors à promouvoir l'instruction.
Les premières familles sont parties pour Kégaska en 1854
; ce furent les Boudreau, Chiasson et Harvey, de l'Étang-du-Nord.
Les Poirier, Bourgeois et Gallant vinrent les rejoindre l'année
suivante et les Bourque et Deraps y arrivèrent en 1861. En 1871,
tous les habitants de Kégaska vendirent leurs établissements
à des familles du sud-ouest de Terre-Neuve et recommencèrent
une nouvelle vie à Betchewun; ils y rejoignirent un groupe de madelinots
déjà établis à cet endroit.
| En mai 1857, le capitaine de la goélette Mariner, Firmin Boudreau, de Havre-aux-Maisons, fit voile vers la côte du Labrador, avec les familles de son fils Nathaël et de son gendre Benjamin Landry, ainsi que celles de Louis Cormier, Joseph Boudreau et François Petitpas, à la recherche d'un endroit favorable à la fondation d'un nouvel établissement. Après avoir jeté l'ancre à plusieurs endroits, ils commencèrent à déparquer à Mingan, où ils furent repoussés par l'agent de la Baie d'Hudson, ce qui les découragea au point où il s'en fallut de peu qu'ils retournent aux Îles-de-la-Madeleine. Il continuèrent malgré tout à chercher un endroit propice. Lorsque les hommes n'en eurent finalement pas trouvé, ce sont les femmes qui leur firent remarquer la Pointe-aux-Esquimaux, un endroit devant lequel ils étaient passés sans s'arrêter. Ils y prirent terre, le 10 juin, y construisirent rapidement des cabanes de pêcheurs et, sans perdre de temps, commencèrent à pêcher la morue. |
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En octobre de la même année, la goélette du capitaine Christophe Vigneau y amena 4 autres familles, dont les Jomphe, les Doyle et les Arsenault. Le 12 novembre 1858, la goélette Wide Awake, dont le capitaine est Vital Vigneau, l'ancêtre direct qui nous intéresse, rejoignit le groupe.
Encore une fois, les Vigneau ont fait acte de pionniers. Comme on l'a vu plus haut, tous les enfants de Vital Vigneau sauf un se sont mariés à la Pointe-aux-Esquimaux. Deux de ses enfants, Grégoire et Jean y sont nés.
Vital Vigneau fut parmi les premiers syndics qui ont été nommés pour administrer la Fabrique (1861) et parmi les premiers commissaires d'école (1863). Il fut aussi le premier habitant de la Pointe à être enterré dans l'église, ce qui dénote vraisemblablement l'importance qu'il avait pris pour la paroisse. Son fils, Placide, a joué le rôle de chroniqueur de la Côte-Nord, de par son journal qu'il a tenu lorsqu'il était gardien de phare à l'île-aux-Perroquets de Mingan.