La stabilité à Carleton et Maria

Charles Bernard et Élisabeth Leblanc eurent pour enfants :
  1. Charlotte, n 1768, m Carleton 1787-5-21 François Boudreau
  2. Ursule, n 1773, m Carleton 1794-11-21 Paul Jeanson
  3. Simon, n 1777, m Carleton 1804-5-28 Séraphine Landry
  4. Isaïe, n 1778 Carleton, m Carleton 1798-1-3 Rachel Bourg
  5. Marie, n 1780, m Carleton 1804-5-28 Hilaire Le Blanc
  6. Pélagie, n 1781, m Carleton 1807-1-27 Hubert Dugas
  7. Magloire, n 1783, m Carleton 1810-1-16 Anne Landry
  8. Isaac, n 1789, m Carleton 1812-1-8 Geneviève Landry (sœur de Séraphine et de Geneviève)
  9. Geneviève, n 1791, m Carleton 1815-1-17 Jean-Baptiste Audet
Rachel Bourg était la nièce de l'abbé Mathurin Bourg, dont l'histoire mérite au moins un court rappel. Petit exilé de Grand-Pré transporté en Virginie, puis en Angleterre, et finalement en France où il fut ordonné prêtre, il revint au pays pour desservir ses frères dispersés, depuis Carleton jusqu'au Cap-Breton et à la baie Ste-Marie pendant 22 ans (1773-1795). Il s'acquit une grande crédibilité de tous, y compris micmacs et anglais, dont il parlait très bien la langue. Lors de la guerre d'indépendance des États-Unis, les anglais eurent même recours à lui pour éviter que les acadiens succombent aux incitations qu'ils recevaient de certains sympathisants des américains à se rebeller contre les britanniques. La statue de ce curé fondateur de la paroisse de St-Joseph de Carleton se dresse près de l'église de cette paroisse depuis 1922.

Isaïe et Rachel Bourg, à leur tour, donnèrent naissance à  12 filles et 2 garçons (un des garçons mourut à l'âge de 12 ans):

  1. Magdeleine, n 1798 Carleton, m Carleton 1824-1-13 Pierre-Paul Audet
  2. Édouard, n 1800-4-28 Carleton, m Carleton 1830-11-24 Henriette Loubert
  3. Anne, n 1802-1-14 Carleton
  4. Marie-Gillette, n 1803-1-29 Carleton, m Carleton 1846-7-27 Euphrémien Cormier
  5. Antonia, n 1804-12-6 Carleton, m Carleton 1830-1-19 Jules Allard
  6. Marie-Zitée,n 1807 Carleton, m Carleton 1837-1-7 Thomas Audet
  7. Marie-Félicité, n 1808-11-4 Carleton
  8. Marie, n 1809, m Carleton 1830-1-11 Thomas Babin
  9. Anastasie, n 1811-4-21 Carleton, m New-Richmond 1840-1-13 Nicolas Cormier
  10. Élisabeth, n 1813-1-7 Carleton, m Carleton 1831-8-16 Damase Bourdages
  11. Joseph-Apollon, n 1815-1-5, décédé à 12 ans
  12. Julie, n 1817-4-28 Carleton, décédée à 67 ans
  13. Marie-Bethsabée, n 1819-4-1 Carleton
  14. Domithilde, n 1822, m Carleton 1844-2-13 Jean-Louis Cormier
Édouard avait épousé Henriette Loubert avec l'intention de vivre sur le bien paternel, aux caps de Maria. Or, l'accord n'existant pas entre son épouse et sa mère (Rachel Bourg, alors veuve), Édouard a alors déménagé sur un lot de 100 acres à Maria. Henriette Loubert était la petite-fille de Pierre Loubert, un des deux premiers habitants de Maria, alors même que celle-ci faisait partie de Carleton.

Pierre Loubert avait été capturé par les anglais alors qu'il s'en venait de France, en 1755, et transféré dans les Petites Antilles où on le retrouve avec l'ancêtre des Guité, Claude Guité. Après avoir prêté un serment d'allégeance à la Couronne britannique, il se retrouva à Boston où il devint capitaine de goélette. C'est ainsi que, vers 1762, il prit la fuite pour Québec et épousa Euphrosine Landry qu'il avait rencontrée à Boston. Après avoir vécu à Deschambault, il s'installa à Miramichi avant 1777, puis à Carleton en 1780. Il y fit venir son ami Guité qui était alors peintre à Québec. Lors de la révolution américaine, Pierre Loubert s'enrôla dans l'armée britannique et s'en tira sans accident. En récompense, on le constitua seigneur de 800 acres de terre à prendre au centre de la future paroisse de Maria.

Henriette Loubert était aussi l'arrière-petite-fille de Charles Dugas, l'un des acadiens qui avaient fui vers Tracadièche en 1755 ; cet aïeul avait rempli, en l'absence de prêtres, les fonctions de missionnaire laïque, baptisant les nouveaux-nés et présidant la cérémonie dominicale de la messe blanche.

La famille d'Édouard Bernard et Henriette Loubert se composait, quant à elle, de :

  1. Joseph-Napoléon, n 1831-11-19 Carleton, m Louise Bouillon, décédé à l'âge de 29 ans
  2. Éloïse, n v 1835, décédée Carleton 1839-4-16 à l'âge de 4 ans
  3. Marie-Hélène, n 1835-7-8 Carleton
  4. Louis-Stanislas, n 1837-2-21 Carleton, m Maria 1868-1-7 Marie-Olympe Audet
  5. Marie-Louise, n 1838-9-24 Carleton, m Maria 1864-2-2 Laurent Poirier (ou Porlier)
  6. Pierre, m Maria 1862-2-18 Marie-Philomène Audet
  7. Narcisse, n 1841-1-10 Carleton, m Maria 1873-1-23 Domithilde Audet
  8. Marie-Rose, n 1843-12-4 Carleton, m Maria 1868-2-5 Guillaume Audet
  9. Félix, n 1846-8-8 Carleton, décédé à l'âge de 6 ans
  10. François-Xavier, n 1851-4-3 Carleton, décédé à l'âge de 1 an
  11. Philomène, n 1848-9-18 Carleton, décédée à l'âge de 77 ans, apparemment célibataire
Plusieurs mariages des enfants d'Édouard (Stanislas, Pierre et Narcisse) furent réhabilités le 14 avril 1894. La raison de cette procédure nous est inconnue. Puis, l'union de Narcisse Bernard et de Domithilde Audetdonna 11 enfants :
  1. Edmond, n Maria 1875-1-13, d 1947-10-27 Falher, Alberta
  2. Clovis, n Maria 1875-12-27, m Maria 1904-9-27 Laura Guité
  3. Alphonse, n Maria 1877-8-30, m Maria 1906-6-25 Emma Godin
  4. Esther, n Maria 1879-3-6, m Maria 1906-8-28 Philippe Porlier
  5. François-Xavier (Francis), n Maria 1880-12-3, m Carleton Angélie Leblanc
  6. Isidore, n 1882-9-10 Maria, m Maria 1909-2-15 Émilie Guité
  7. Brigitte, n Maria 1883-12-31, m (Maria ?) Bernard Bugeaud
  8. Anna, n Maria 1886-2-10, m Maria 1914-8-5 Émile Leblanc
  9. Béatrice, n Maria 1887-8-23
  10. Marie-Joséphine, n Maria 1889-4-22
  11. Antoine, n Maria 1890-4-14, Clerc de St-Viateur
  12. Joseph-Alexis, n Maria 1892-10-16, n'a vécu que quelques jours
  13. Marie-Lucie, n Maria 1894-6-1, n'a vécu que quelques jours
  14. Émile, n Maria 1895-8-14, Clerc de St-Viateur
  15. Marie-May Domithilde, n Maria 1898-5-11, n'a vécu que quelques jours
Clovis Bernard, fils de Narcisse, fut le deuxième gérant de la Caisse Populaire de Maria et il fut décoré des insignes de Chevalier de l'Ordre pontifical de St-Grégoire-le-Grand en 1958.

Parmi les autres enfants de cette famille, au moins Edmond et Isidore sont allés tenter leur chance dans l'ouest canadien. Le premier y est demeuré et y est décédé à Falher en 1947. Quant à Isidore, après s'être rendu en Saskatcjewan en 1908 avec l'intention de s'acquérir un homestead, son projet fut contrecarré par une typhoïde et il revint à Maria.

Le dixième enfant, Antoine, devint diplômé de la Sorbonne et écrivit plusieurs volumes, notamment sur l'Acadie, ce qui en fit un auteur moult fois cité par les historiens et les généalogistes. Il fut membre du Conseil de la Vie Française, un organisme national mis sur pied pour faire le lien de toutes les forces françaises de l'Amérique du Nord.

Isidore Bernard
Isidore Bernard
Émilie Guité
Finalement, Isidore Bernard et Émilie Guité eurent pour enfants :
  1. Adrien, n Maria 1910-2-23, m Maria 1936-1-29 Marie-Paule Vigneau
  2. Alice, n Maria 1911-12-30, m Maria 1934-2-7 Jules Leblanc
  3. Lucille, n Maria 1915-10-1
  4. Juliette, n Maria 1917-8-11, m Maria 1950-10-28 Lucien Marquis
  5. Clémence, n Maria 1919-5-26, Ursuline
  6. Estelle, n Maria 1921-4-9, m Maria 1946-8-28 Charles Leblanc
  7. Marthe, n Maria 1922-7-15, Ursuline
  8. Yvon, n Maria 1925-6-25, m Jonquière 1953-2-7 Jeannine Bergeron
  9. Françoise dite France, n Maria 1927, Missionnaire du Christ-Roi.
Adrien oeuvra une très grande partie de sa vie dans le mouvement coopératif Desjardins, comme gérant de l'Union régionale des Caisses. Il fut également membre de divers conseils d'administration du mouvement Desjardins, dont celui de l'Assurance-Vie Desjardins. Lui et son épouse continuèrent cette œuvre, une fois leur retraite terminée, en accomplissant quelques missions en Afrique et en Haiti.